assemblée des retraités agricoles

«Pour 2013, rien n'est budgété et l'étude de nos revalorisations ne s'enclencherait qu'en 2014», signalait-il avant d'indiquer que la rencontre du conseil d'administration avec les deux députés, Valérie Rabault et Jacques Moignard, avait permis un débat serein et prometteur. «Après avoir écouté nos doléances sur nos retraites de misère, ils se sont engagés à faire le maximum», précisait-il, avant de faire référence au succès de la grande manifestation de Tulle où 53 Caussadais avaient fait le déplacement. La loi de 2002, déposée par Germinal Piero et votée à l'unanimité à l'Assemblée nationale, prévoyait d'arriver à 75% du Smic. «Aujourd'hui, dix ans après, nous n'en sommes qu'à 70,5%», constatait le président.

Citant certains grands groupes agroalimentaires, il concluait ainsi: «On nous dit qu'il n'y a plus d'argent, mais il est bien présent dans certains secteurs. Il suffit d'une volonté de changer les données. Nous savons que votre tâche est ardue, dans un contexte morose, mesdames et messieurs les parlementaires, mais nous vous demandons d'avancer ensemble, nous comptons sur vous.»

Présent à l'assemblée, le maire François Bonhomme formulait l'espoir que, dans les prochains mois, le système des régimes complémentaires soit amélioré, soulignant qu'il ne serait pas illégitime que la solidarité nationale s'exerce.

Puis, le conseiller général Jacques Tabarly déclarait comprendre la déception des retraités agricoles. «J'irai droit au but. Votre députée Valérie Rabault a la jeunesse, la compétence et l'énergie pour elle. Je crois en sa sincérité. Elle est bien placée au niveau de la commission des finances pour faire passer les messages.» Puis, il ajoutait qu'au niveau du département, le conseil général soutenait et appuyait toutes ces revendications, en rappelant l'ensemble de la politique sociale menée en faveur de l'enfance, du handicap et des personnes âgées. «Nous sommes bien conscients du faire-ensemble», concluait-il.


Le plaidoyer de Paul Ardouin

Comme à son habitude, le président départemental Paul Ardouin a exercé sa verve avec le talent qu'on lui connaît pour marteler les revendications fondamentales formulées depuis bientôt dix ans par son organisation: «Une retraite égale pour tous, exploitants et conjoints à 1 000 € par mois. Elle s'obtiendra dans une lutte de tous les jours, malgré la situation actuelle de blocage», regrettant qu'en 2013, la régularisation à 75 % du Smic n'ait pas été satisfaite. «Nous demandons que les élus respectent leurs engagements pour aller de l'avant ensemble. Nous voulons être des citoyens écoutés», précisait-il en exprimant le souhait de rencontrer les parlementaires. Puis, selon ses propres termes, il «dénonçait un scandale du montant de la pension de reversion», avant de reconnaître que le système par répartition ne suffisait plus et de proposer d'imposer l'industrie agroalimentaire à la hauteur de un pour mille, ce qui, à ses yeux, serait suffisant pour financer l'assurance-maladie des agriculteurs. «Que ceux qui gagnent le plus, participent le plus à l'austérité. Avec 1 800 000 anciens agriculteurs à moins de 1 000 € par mois, est-ce que vous croyez que c'est normal?», lançait-il avant de conclure en invitant toutes les parties prenantes à avancer ensemble afin de trouver une solution.

La Dépêche du Midi