À y regarder de plus près, que ce soit en matière de logement, d’emploi industriel ou de salaires,?la maxime du locataire de l’Élysée se résume encore?et toujours à?: laissez donc agir les forces du marché.?
Il faut «?libérer la construction immobilière?», déclare-t-il. Ne nous embarrassons plus avec la responsabilité publique?: «?Les pouvoirs publics doivent en revanche accompagner des mouvements et encourager des dynamiques qui sont largement spontanées.?» Voilà une constante, si ce n’est une obsession, chez celui qui, voilà deux ans, en pleine crise?de la «?bulle?» immobilière, lançait aux élus de Seine-et-Marne?: «?Vous voulez?des bureaux?? Vous voulez?des logements sociaux?? Vous voulez des logements?? C’est votre problème et ce n’est pas?à l’État, ce n’est pas?à l’administration de vous surajouter des problèmes.?» Pourquoi se gêner?: enrichissez-vous ou aidez les autres à le faire.?Et pendant ce temps, des centaines de milliers de mètres carrés de bureaux construits sur ces bases restent vides, tandis que des millions de Français subissent le mal-logement, voire l’absence de tout logement décent?ou abordable. Et ne parlons pas des jeunes sans travail, lorsqu’un secrétaire d’État au Logement envisage?qu’il serait tolérable pour un étudiant de louer le mètre carré d’une chambre de bonne à 40?euros par mois, lorsque le niveau moyen des loyers est, à Paris, de 23?euros,?et que ces taudis sont proposés à 60?euros par?les propriétaires. Seraient-ils disposés, tous ces adeptes?du bouclier fiscal, à ne vivre, ne serait-ce qu’un mois, dans les mêmes conditions que les victimes de leur politique??

Il n’est pas seul, ce retraité. Il existe, fort heureusement, dans ce pays des élus qui ont?une haute ambition. On les retrouve du côté?de ces maires de Seine-Saint-Denis ou du Val-de-Marne,?ou d’ailleurs, singulièrement communistes et rejoints?par d’autres élus du Front de gauche, qui s’opposent aux expulsions locatives comme ils mènent la fronde contre les surloyers, dans des villes, majoritairement de gauche, où ce sont eux qui supportent l’essentiel de l’effort?en matière de logements sociaux.
Sénatrice, comme Odette Terrade, ou député, comme Pierre Gosnat,?ils déposent des projets de loi porteurs d’une tout autre ambition de justice sociale et de société en matière de droit au logement pour tous. Voilà aussi des combats qui donnent une tout autre résonance à la chose publique et politique que le «?tous pourris?» et son lot de résignation et de division. Hâtons-nous de les rendre populaires...