Marié récemment, Cerises me commande l’édito sur le mariage pour tous.

Provoc ? Notre objectif n’est pas de procréer. C’est fait chacun de notre côté. Ni d’avoir  ’autorisation de forniquer.

C’était fait ! Nous avons voulu simplement créer un moment festif, de retrouvailles avec familles et amis… Un écho peut-être à cette ère qui invite à l’émotion partagée. Le mariage n’est plus moralement, dans notre société, l’institution du lien du couple.

Le mariage pour tous est dans le programme de Hollande. La loi devrait déjà être proposée au parlement. Ne soyons donc pas dupes sur l’utilisation politicienne camouflant les abandons à gauche.Les communistes ont évolué, depuis le « Allez vous faire soigner ! (…) Les hommes sont faits pour aimer les femmes » de Jacques Duclos en 1972, à l’action du même PCF pour demander en 1977 la suppression des alinéas anti-homosexuels du code pénal, à aujourd’hui où certains évoluent encore…

K. Marx et F. Engels donnaient pourtant quelques clés dans le Manifeste: « Mais nous brisons, dites-vous, les liens les plus sacrés, en substituant à l’éducation de la famille, l’éducation sociale. Et votre éducation à vous, n’est-elle pas, elle aussi, déterminée par la société ? Par les conditions sociales dans lesquelles vous élevez vos enfants, par l’intervention directe ou indirecte de la société, à l’aide des écoles, etc. ? »

Profitons de ce débat public sur l’élargissement du droit à être parents pour donner à voir et comprendre pourquoi la place de l’être humain est si décisive dans notre conception politique. La conception de la famille, de l’éducation des enfants, n’est pas le fruit de dame nature. C’est une construction culturelle et sociale. Pour Rousseau, c’est un sentiment moral qui ne se fait pas entendre par les voix du sang. L’anthropologie le démontre aussi. Le refus de l’adoption et du mariage pour tous au nom de la nature a surtout des fondements idéologiques ou obscurantistes.

Si le statut de parents ne va pas de soi dans la nature, si être parents est distingué du fait d’être géniteur, alors invitons chacun à réfléchir à son action éducative, à celle de la société : éduquons-nous un futur être de la façon la plus autonome possible ? Rendons visible une politique d’émancipation qui contribue à la formation du petit d’hommes à l’humanité.

Patrice Leclerc

Conseiller général des Hauts-de-Seine

Remerciement à Gérard Bras, président de l’Université populaire 92 qui m’a accordé un petit entretien sur le sujet.