Ça bouge dans la santé. Du côté des personnels hospitaliers, mais aussi des usagers ou encore des élus. Que ce soit à Paris ou en province. Partout. Parce qu'aujourd'hui, tous les établissements sont confrontés à des restructurations, regroupements de services, suppressions d'activités, etc. Et cette semaine va voir les hostilités monter en puissance

Le bal des protestations a d'ailleurs débuté hier (lundi), avec un rassemblement à l'appel de la CGT et de FO de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), contre le démantèlement de l'Hôtel-Dieu. Un mouvement entamé début mars, quand la direction de l'AP-HP a annoncé le transfert du siège du groupe sur le site de l'Hôtel-Dieu. Mais ce déménagement ne sera possible qu'une fois la place nette faite dans l'actuel hôpital, dont les activités d'hospitalisation et de chirurgie ambulatoire devraient être déplacées à Cochin. D'où la crainte des syndicats d'une diminution de l'offre de soins et de suppressions de postes. Les personnels se rassembleront d'ailleurs à nouveau vendredi, cette fois à l'appel d'une intersyndicale plus large (CGT, FO, Sud, CFTC).

Un autre mouvement est prévu ce mardi par les deux principaux syndicats du secteur de la santé (CGT et CFDT) sur les conditions de travail. Une journée pour « dire leur souffrance de vivre en permanence sous tension » et exiger l'ouverture de négociations. Selon une enquête menée par la CFDT, 93 % des personnels interrogés trouvent leur travail stressant et 71 % estiment qu'il a un effet négatif sur leur santé. « Nous sommes dans une situation de réformes et de restructurations permanentes avec une diminution de personnels », renchérit Nadine Prigent, de la CGT santé.

Autant de sujets de mécontentement qui seront à l'ordre de la grande mobilisation nationale du 2 avril, initiée par la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, pour dénoncer la politique gouvernementale.

Alexandra Chaignon