Il s’apparente surtout à une forme de double langage, au regard des trésors de créativité déployés par les élus UMP, à l’échelle des communes, pour éviter que la loi ne s’applique sur leur territoire. En vérité, il s’agit d’un combat que la droite n’a jamais abandonné depuis le vote de la loi, en 2000.%%% À l’origine, l’objectif avancé par le communiste Jean-Claude Gayssot était double?: produire davantage de logements sociaux et mieux les répartir, y compris dans les communes les plus riches, pour favoriser la mixité. Au-delà des chiffres, ce dispositif législatif était porteur d’une exigence éthique?: celle de voir disparaître à jamais ces territoires interdits, ces citadelles de privilégiés dévolues à l’égoïsme de classe.

Il s’agissait en somme de donner sa chance au vivre-ensemble, face à ceux qui ne jurent que par l’entre- soi. Force est de constater que ces deux enjeux sont plus que jamais d’actualité. Le premier, parce que la flambée des prix de l’immobilier renforce considérablement le besoin en logements sociaux. Le second, parce que les logiques de ghettoïsation continuent de se renforcer.

Si la situation s’est à ce point dégradée, malgré le vote de la loi, c’est que certains se sont ingéniés à en ralentir l’application.

En 2000, déjà, la bataille parlementaire avait donné l’occasion à la droite de se laisser aller à des caricatures et à des outrances, toujours dans le même but?: pas de logement social chez moi, ou le moins possible. Le député RPR Gilles Carrez avait qualifié la loi SRU de «?dangereuse pour la qualité de vie des Français?», évoquant un «?urbanisme du gosplan?» et «?une architecture du béton?». Le ton était donné.%%% Depuis, la droite n’a jamais baissé la garde. Ainsi, en 2006, le gouvernement a tenté de revenir sur la loi SRU en voulant passer le calcul des 20?% à une échelle intercommunale. Autrement dit, les locataires de HLM dans une commune, les riches dans une autre.

Fermez le ban, adieu la mixité sociale.

Il avait fallu toute la force de conviction de l’abbé Pierre, évoquant une «?question d’honneur?», celle qui veut que «?le fort s’applique à aider le moins fort?», pour faire obstacle à cette disposition scandaleuse. Une victoire provisoire. En 2009, rebelote?: Christine Boutin prévoyait d’intégrer dans le calcul des 20?% les différentes accessions sociales à la propriété.%%% Là encore, le projet fut abandonné, mais le signal était donné. Il n’est pas étonnant, par conséquent, qu’en 2009 plus d’un tiers des communes visées par la loi SRU n’aient construit aucun logement social. En 2000, la droite hurlait. En 2010, elle ne hurle plus, elle agit, en contournant l’application de la loi par l’intermédiaire de ses élus locaux.%%% La situation en 2011 est dramatique. Et parce qu’elle s’aggrave, elle nécessite de nouvelles dispositions pour sanctionner plus durement ceux qui transgressent la loi SRU.

Il faut mettre un terme définitif à cette situation absurde qui veut que les mal-logés se battent aujourd’hui d’abord contre des maires délinquants, qui les privent d’un droit fondamental. On ne peut en effet qualifier autrement des représentants du peuple qui refusent sciemment d’appliquer la loi et contredisent ses principes. Un élu n’est pas au-dessus des lois.%%% Il est inconcevable qu’il puisse continuer à exercer parfois plusieurs mandats successifs en toute impunité. Le non-respect de la loi SRU devrait entraîner l’inéligibilité. Il est assez curieux que les élus de droite, qui appellent tous les quatre matins au respect de la loi, soient les premiers à la transgresser lorsqu’elle ne leur convient pas.

On ne choisit pas les lois que l’on respecte?: c’est le sens même de nos principes républicains.

Ian Brossat


L'article de La Dépêche Par Baptiste Gay

Moissac. Un vent de fraîcheur souffle sur le logement locatif social

inauguration des villas de malengane

Le vent d'autan qui s'engouffrait hier dans les coteaux moissagais n'a pas emporté avec lui le bonheur qu'ont eu, hier matin, les participants de l'inauguration des Villas de Malengane. Un ensemble de seize logements locatifs sociaux, allant du T3 au T5, bâti le long de la route éponyme qui fait figure d'exemple en bien des domaines comme l'ont rappelé les différents acteurs de sa construction. Michel Dulimon, le directeur général du groupe Arcade, qui a mené cette opération immobilière, pouvait « se féliciter des mixités sociale et inter générationnelle qu'offrent ces logements ».

Il est vrai qu'avec les Villas de Malengane, au cœur d'un environnement de verdure tout en restant à proximité de la ville, on est loin des grands ensembles urbains du passé dédiés à l'habitat à loyer modéré. « Ce projet a même été cité parmi les cinq plus belles réalisations de Midi-Pyrénées au congrès national HLM », mettait en exergue le maire, Jean-Paul Nunzi, avant de rappeler l'investissement de sa première adjointe, Marie Cavalié, dans ce vaste chantier. « Voilà traduite en acte l'une des promesses principale de notre majorité en vue de l'amélioration de la qualité de la vie des Moissagais », avait, pour sa part avancé, Guy-Michel Empociello, lors de la visite, sans oublier de rappeler la participation du département à cette belle réalisation.

Une vision partagée des choses par Mme le député, Sylvia Pinel : « Il est important de montrer à nos concitoyens que les politiques publiques aboutissent à des réalisations concrètes. » Le préfet, Fabien Sudry, qui a rappelé les différents dispositifs mis en place par l'État dans le domaine du logement, s'en est également réjoui. Les différents intervenants ont tenu également à souligner le parti pris des économies d'énergie dans cet ensemble immobilier et l'excellent travail de l'architecte, qui a réussi, pour les personnes âgées et celles à mobilité réduite, à réaliser deux niveaux en rez-de-chaussée dans la pente du coteau. « Avec 6 000 m3 de terrassements à réaliser, ce n'était pas un mince défi », témoignait Philippe Soustelle. Il ne reste plus qu'à espérer qu'avec ce type de réalisations immobilières, la cité uvale profite à son tour de la poussée démographique tarn-et-garonnaise.