Il est au-dessus de 5?% dans 330 circonscriptions contre 135 en 2007. Du point de vue des classes d’âge, les points forts du Front de gauche sont les 18-24 ans, dont 11?% ont voté Front de gauche, les 45-59 ans avec 8?% de vote, les plus de 60 ans sont le point faible. Sociologiquement, le Front de gauche engrange 9?% du vote ouvrier, 7?% des professions intermédiaires, 6?% des employés et cadres. Seulement 44?% des électeurs de Mélenchon à la présidentielle et 56?% des électeurs ayant une «?sympathie partisane?» pour le Front de gauche ont voté aux législatives pour un candidat Front de gauche.
Cependant, symétriquement, 5?% des électeurs de Hollande et des sympathisants du PS ont voté aux législatives Front de gauche, alors que 38?% des électeurs de Mélenchon, et 34?% des sympathisants du Front de gauche ont voté PS aux législatives.
e qui expliquerait qu’à l’exception de 49 circonscriptions – dont toutes celles où il y avait des sortants communistes –, le score du Front de gauche dans la plupart des circonscriptions s’établit à mi-chemin entre celui du PCF en 2007 et celui du Front de gauche à la présidentielle. Le Front de gauche aux législatives rassemble 36?% de ceux qui «?s’autopositionnent?» «?très à gauche?» contre 46?% au PS, 15?% de ceux qui se disent de «?gauche?» contre 73?% au PS, et 7?% de ceux qui se sentent «?plutôt à gauche?» contre 66?% au PS.

Le jour du premier tour, les électeurs du Front de gauche ont voulu manifester leur soutien à Hollande et son gouvernement à 63?%. 93?% des électeurs Front de gauche sont plutôt satisfaits (70?%) ou très satisfaits (23?%) de l’action de Hollande et de son gouvernement.

EELV,

avec le soutien du PS dans 61 circonscriptions, obtient 1?418?141 voix et 5,46?% des votes exprimés, soit une progression de 572?164 voix sur les législatives de 2007 et de 2,21?%. Mais si on prend les 364 circonscriptions comparables avec 2007 où EELV se présentait sans soutien du PS, on obtient un score de 3,9?%, soit une progression sur les législatives antérieures de seulement 0,59?% des exprimés et de 91?070 voix. Sans le bouclier de l’accord EELV-PS, les Verts seraient donc à un étiage comparable à celui de 2007. Près de 50?% de l’électorat EELV se serait réfugié dans l’abstention, selon l’enquête Ipsos sur les législatives et seulement 54?% de ceux qui sympathisent avec EELV auraient voté pour ses candidats. Le point fort de l’électorat d’EELV reste les cadres et les professions libérales.

Le PS

rassemble 7?617?996 voix et 29,35?% des exprimés, soit une progression de 1?181?476 voix et 4,62?% par rapport à 2007. Si on ajoute les 94 circonscriptions de métropole où le PS soutenait un candidat EELV, MRC ou PRG, on arrive à 8?833?956 voix et 34,03?%. L’étiage du PS en 2012 est comparable à celui qu’il avait atteint en 1988, tout en étant inférieur à celui de 1981. En métropole, le PS progresse en poucentages exprimés sur les législatives de 2007 dans les 404 circonscriptions sur les 445 où il est présent. Dans les mêmes circonscriptions métropolitaines, le PS progresse en?pourcentages exprimés au 1er tour de la présidentielle dans 390 circonscriptions. Le PS profite au maximum de l’inversion de calendrier et de l’effet quinquennat, comme la droite l’avait fait en?2002 et?2007. Sociologiquement, le PS rassemble 49?% des 18-24 ans, 48?% des 25-34 ans, 51?% des 35-44 ans, 55?% des professions libérales, des cadres, 53 % des professions intermédiaires, 44?% des ouvriers. Le PS récupère 27?% des électeurs du Modem. 88?% des électeurs du PS motivent leur vote par leur volonté de soutenir Hollande et son gouvernement.

L’UMP et le NC

réussissent 29,32?% des suffrages exprimés et 7?607?361 voix, soit une perte de 17,83?% des exprimés et 4?663?483 voix. La droite se retrouve à son étiage de 1997. Par rapport à 2007, en pourcentage des exprimés, l’UMP et le Nouveau Centre (NC) perdent dans 510 des 539 circonscriptions de France métropolitaine. Par contre, par rapport à la présidentielle, l’UMP et le NC progressent dans 400 des 539 circonscriptions de France métropolitaine. Le cœur de l’électorat de l’UMP reste les plus de 60 ans. À noter qu’aux législatives, l’UMP et le NC ont su capter 22?% des électeurs de Marine Le Pen et 11?% des sympathisants du FN.

Le FN,

avec 3?528?373 voix et 13,60?% des exprimés, progresse sur 2007 de 9,31?% des exprimés et de 2?412?237 voix. Cependant, le FN ne retrouve pas son apogée de 1997. Le FN progresse partout où il était présent par rapport à 2007, en gardant la géographie habituelle de ses points forts?: arc méditerranéen, Picardie, Alsace, Est et Nord désindustrialisés. À noter la confirmation de sa percée en Corse. Il progresse dans 33 circonscriptions par rapport à la présidentielle. Le FN rassemble 17?% des 18-34 ans, 24?% des employés, 23?% des ouvriers, 18?% des foyers gagnant moins de 1?200?€/mois, 15?% des ruraux, 15?% des urbains dans des villes de plus de 100?000 habitants. 34?% de ses électeurs aux législatives n’ont voulu ni manifester leur approbation du gouvernement, ni leur hostilité. 66?% des électeurs se situant très à droite se retrouvent dans le vote, comme 39?% de ceux qui se situent ni à droite ni à gauche.