Premier constat : en créant le Front de gauche le PC a réussi à enrayer son déclin électoral, mais « sans pour autant créer une quelconque dynamique » (sic). Deuxième constat : cette « façade unitaire lui a coûté très cher puisqu’il a perdu la moitié de ses conseillers régionaux ». Pour une simple façade, l’opération apparaît en effet fort onéreuse !

D’autant qu’Alain Krivine, expert en chiffres, sait faire les comptes : le PC c’est, révèle-t-il , 80 000 adhérents, dont 7000 élus, mais « c’est Jean-Luc Mélenchon qui est apparu comme le leader médiatique de ce Front de gauche, malgré (sic) les 2 000 adhérents du Parti de gauche ». Et « Christian Picquet, et ses 200 militants de la Gauche unitaire (soit grosso modo dix fois plus que ce qui lui était en général accordé du côté du NPA. NDLR), ont quand même (sic) sept élus »…

Même si la relation logique entre ceci et cela n’est pas limpide, notre analyste explique que de ce fait, au sein du PC, c’est le tollé contre le Front de gauche de la plupart des « sensibilités » existantes, à partir de points de vue totalement opposés : la droite du parti, les orthodoxes… Et les Communistes unitaires qui s’en vont.

Une belle cacophonie donc. D’autant plus déconcertante que « personne ne remet en cause la perspective d’aller au pouvoir par une majorité électorale dans les institutions ». Dans ce débat, Pierre Laurent, selon Alain Krivine, propose « une réponse claire sur le fond mais emberlificotée dans son expression ». Pourtant, telle que synthétisée par notre auteur, il semblerait que ce soit plutôt le contraire !

Au final, Alain Krivine pronostique que l’avenir du Front de gauche n’est pas garanti, et pas pour des raisons de fond. Mais parce que J.-L. Mélenchon veut être candidat à la présidentielle, et transformer le Front de gauche en un die Linke, avec adhésions individuelles, ce que refuse le PC, qui propose une « association bidon » : les « Partisans du Front de gauche » (il suit les choses Alain Krivine !), et envisage pour la présidentielle trois hypothèses, dont celle (« nouveauté ô combien significative », précise-t-il) d’une participation aux primaires du PS…

Mais rien de grave puisque « Pierre Laurent gagnera le congrès car sa politique donne du grain à moudre à tout le monde sans offrir une stratégie alternative qu’aucun courant ne réclame ».

Même si l’on a quelque peine à suivre l’explication, on croit comprendre que dans ce parti au fond il ne se passe rien d’intéressant. Et que tout le monde devrait y vivre content…

Mais pourquoi diable n’est-ce pas le cas ?

Mais Alain Krivine de conclure que, de toutes façons, « les problèmes internes du Front de gauche ne nous concernent pas ». Ah bon !

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Alain Krivine, le NPA et le PCF (suite)