• La situation des nappes phréatiques est hétérogène

Si les restrictions d'arrosage sont limitées dans la Vienne, la Charente et le Cher, elles sont plus contraignantes dans les Deux-Sèvres et la Charente-Maritime, où l'irrigation des champs est interdite entre 10 heures et 19 heures, sauf pour les cultures maraîchères. En Seine-et-Marne et dans l'Essonne, la restriction est totale autour de la nappe de Champigny - structurellement en déficit d'eau - où la situation est jugée "critique", précise le ministère. Les particuliers ne sont pas concernés par ces arrêtés mais sont invités à faire preuve d'un usage "civique" de l'eau.

  • Déficit partout sauf autour de la Méditerranée

Selon les données de Metéo-France, les pluies sont globalement déficitaires sur le pays depuis le début de l'année à l'exception - une fois n'est pas coutume - de l'arc méditerranéen qui a connu des pluies abondantes en mars. Les quantités d'eau recueillies ne représentent que 56% de la normale en janvier, 58% en février et 74% en mars et la situation devrait continuer à se dégrader en l'absence de précipitations dans les jours à venir, estime Météo-France.

Au 1er avril, environ 58% des réservoirs d'eau affichaient en effet un niveau inférieur à la normale selon le bulletin publié mardi par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). C'est le cas dans une grande partie du Bassin parisien et dans le sud-ouest du pays. A l'inverse, l'est de la France (Alsace) et le Sud-Est (Languedoc-Roussillon et Provence) présentent des niveaux plus favorables. "Cette situation est préocccupante à une saison où les besoins en eau augmentent", s'inquiète le bulletin.

  • Danger sur les productions agricoles

Dans ce contexte, la direction de l'Eau et de la biodiversité du ministère du Développement durable devrait avancer à début mai la première réunion annuelle du Comité sécheresse nationale, qui se tient habituellement au début de l'été. Les agriculteurs sont eux aussi préoccupés à un moment où la végétation est en pleine croissance et que le besoin de reconstituer des réserves de fourrages est vital pour certains éleveurs fortement pénalisés cette année par la flambée des prix des céréales.

Sur le marché à terme du blé, céréale stratégique dont la France est le premier producteur européen, l'échéance de référence pour la prochaine campagne de commercialisation qui débutera le 1er juillet a gagné 22% dans un marché de plus en plus nerveux dit de "weather market" qui évolue au gré des bulletins météorologiques. La crainte d'une sécheresse intervient dans un contexte mondial déjà affecté en 2010 par des incidents climatiques en particulier en Russie où la sécheresse a été historique mais aussi en Australie, où les innondations ont fortement dégradé la qualité de la récolte.