Par exemple intéressons-nous au fait que, depuis vendredi soir, Nicolas Sarkozy est un « justiciable comme une autre ». Ou presque, car des justiciables accablés de tant de démêlées judiciaires ce n’est pas si commun. Un justiciable a droit à un avocat. L’ex-président a choisi Maître Thierry Herzog, homme plein de talent. Lequel vient de déposer auprès du juge Jean-Michel Gentil, en charge du dossier Bettencourt, des extraits certifiés conformes, l’original étant placé sous séquestre  auprès d’huissier,  de l’agenda 2007 de Nicolas Sarkozy. Une lettre de 7 pages explique que ce document permettra de démontrer que les « prétendus rendez-vous secrets » de son client chez les Bettencourt, tels que révélés par un chauffeur, une infirmière et majordome de la maison, n’ont « matériellement pas pu avoir lieu ».

Le Journal du Dimanche daté du 17 juin ayant donné une large place à ces éléments nouveaux, nous avons tout loisir en ce calme post électoral de nous pencher sur « le carnet de Sarkozy ».

Ce qui dès l’abord permet de découvrir ce qu’était l’emploi du temps, entre le 27 mars et le 5 avril 2007, de celui qui n’était encore que Ministre de l’Intérieur puis candidat à la présidentielle. Une vraie vie de fou, des activités parfaitement inintéressantes ne laissant pas une minute à soi… A l’évidence, aucun temps pour se détendre, lire et penser !

Le vraiment intéressant est l’interview de Maître Thierry Herzog où il argumente cette impossibilité matérielle des prétendus rendez-vous discrets de Nicolas Sarkozy chez les Bettencourt.

Que nous révèle cet artiste du Barreau ?

1) L’agenda indique un seul rendez-vous, le 24 février 2007, d’un durée inférieure à une demie heure, «entretien de courtoisie », « en tête-à-tête avec André Bettencourt » (qui, se dit-on,  oserait reprocher à Sarkozy ce sens de la courtoisie?).

2) Ce rendez-vous étant noté sur l’agenda, s’il y en avait eu d’autres ils le seraient également. Or, tel n’est pas le cas, donc ils n’ont pas eu lieu. On doit concéder que l’argument est imparable.

3) Par ailleurs, compte tenu d’une protection policière permanente, il serait impossible à notre ministre puis candidat de se rendre incognito où que ce soit. On se dit que, bêtement, on n’y avait pas pensé.

4) De plus, si on reprend date par date les rendez-vous indiqués par les pseudo témoins, on verra dans l’agenda que ses activités, publiques, rendaient impossible sa venue chez les Bettencourt. Là on s’avoue vaincu.

D’autant qu’au préalable Maître Herzog avait, non sans raison, précisé : si de tels rendez-vous avaient eu lieu, « où serait le problème ? » Et d’ajouter : « Est-ce une infraction ? » Non, ce ne saurait être une infraction. D’autant qu’ils n’ont pas eu lieu, c’est prouvé matériellement…

Notre juriste peut conclure, titre de l’entretien, « le temps de la calomnie est désormais terminé ».

Encore une fin, donc.

Celle-ci est rendue possible du fait que l’injustement accusé peut passer à l’offensive, et son avocat rendre publics ces passionnants documents. Il peut le faire… « maintenant que la parenthèse présidentielle de Nicolas Sarkozy s’est refermée ».

La parenthèse présidentielle… Là on touche au sublime !

Parenthèse fermée donc. Enfin !