Sa première adhésion est en faveur des Républicains Espagnols, puis, tombé dans le chaudron des Jeunesses Communistes en 1974, il adhère au Parti Communiste en 1979, où il est toujours encarté, et ce, malgré des désaccords à plusieurs reprises. Maximilien Reynès-Dupleix ne regrette rien de cet engagement, cela a donné «un sens à sa vie», c’est là qu’il «s’est construit une conscience politique». À l’inverse de beaucoup de ses contemporains, il trouve l’époque formidable dans le domaine politique, inspiré jour après jour de ses souffles et de ses cris, Maximilien l’insoumis, aime les rencontres en tous genres qui sont à son avis l’élément porteur de la force militante.

«La notion de parti a toujours sa place»

Notre «sans culotte» des temps modernes au béret chevillé sur un visage empourpré de convivialité, n’hésite pas à se dire «Marxiste», «il a fait un choix dans le cadre de son engagement citoyen au sein de son parti pour donner du cœur à l’expression personnelle». Pour lui, «la notion de parti a toujours sa place» pour faire vivre les idées en les mettant en adéquation avec les actions à mener et les citoyens doivent reprendre en main la citoyenneté grâce à un véritable débat démocratique.» Les élus ne sont pas oubliés dans la 6ème République que veut instaurer le Front de Gauche, le législatif doit prendre le pas sur la «présidentialisation rampante instaurée par la constitution Gaulliste.» Selon le candidat du Front de Gauche, les élus doivent être révocables par les électeurs au cas où ils ne respecteraient pas le contrat moral de mandature. Dans ce cadre, le programme du Front de Gauche met l’accent sur une véritable formation des élus en créant un statut de l’élu  «sans en faire une professionnalisation.»

«Création d’un conseil cantonal»

Ce n’est pas la première fois que Maximilien Reynès-Dupleix se présente aux suffrages des électeurs. A deux reprises, il a été candidat aux élections cantonales dans le secteur de Moissac. Il porte un regard critique sur les pratiques de l’actuel Président du Conseil Général du Tarn-et-Garonne, Jean-Michel Baylet, notamment en termes de transparence des actions menées, qui selon lui «manquent singulièrement de concertation avec la population.» Il souhaite à ce titre la création d’un «conseil cantonal» qui  rendrait la parole aux habitants. Il évoque non sans une pointe de compassion, les quelques élus du Parti Radical de Gauche qui partagent un certain nombre de valeurs communistes en raison de leur combat commun pendant les heures sombres de la deuxième guerre mondiale.

«Le Parti Socialiste n’est qu’un gestionnaire Social Libéral du capitalisme.»

Quand on évoque l’après 6 mai et la possible alliance avec le Parti Socialiste pour le cas où l’aspirant socialiste à l’élection présidentielle serait élu, Maximilien le libre penseur, n’est pas un adepte de la langue de bois : «L’histoire contemporaine nous a appris la méfiance envers le parti de la rose.» Il n’y aura pas d’accord avec le parti de François Hollande qui n’est qu’un «gestionnaire Social Libéral du capitalisme» : «Nous sommes pour un renversement complet du système économique.» Le Front de Gauche prône à l’inverse des autres tendances politiques «l’IBB», l’Indice Brut de Bonheur, avec en perspective la volonté de permettre au peuple de vivre dignement. Maximilien Reynès-Dupleix évoque à ce sujet différents axes comme par exemple, la création d'un pôle public bancaire et financier, la mise sous tutelle des banques, autrement dit, la nationalisation du système bancaire, ou le fait de ne pas s'engage à réduire la dette et le déficit publics. Il n'a que faire des critères du Pacte de stabilité, puisqu'il veut réformer les traités européens. Et permettre aux Etats d'emprunter après de la Banque Centrale Européenne (BCE), pour s'émanciper des marchés financiers. Les mesures pour augmenter le pouvoir d’achat ne sont pas en reste, il cite pêle-mêle, une augmentation progressive du Smic à 1700 euros net en fin de législature, l'interdiction des licenciements boursiers, rétablissement de l'autorisation administrative de licenciement, modulation de l'impôt sur les sociétés et du taux des cotisations sociales patronales en fonction des objectifs d'emploi, et la mise en place d'un quota maximum de salariés en CDD et intérim (5% dans les grandes entreprises, 10% dans les PME).

Sur l’Europe, le candidat à l’élection législative indique que le Front de Gauche veut remettre en cause le Traité de Lisbonne, voté en 2007 sous Nicolas Sarkozy. Il veut une autre Europe, fondée sur «un socle populaire, social et solidaire.» Pour la Grèce, il appelle à la « solidarité contre l'austérité.»

Loin des autoroutes de la pensée unique, Mr Reynès-Dupleix l’iconoclaste, à la personnalité attachante, suscite la discussion et secoue les tabous. Sous la carapace du Marxiste qu’il assume, il y a la douceur du jeune Maximilien qu’il est, et restera toujours, avec la part d’idéalisme qu’il garde précieusement dans un recoin de sa conscience humaniste. Bon vent camarade…

Jean-Paul Fourment