Les chefs d'Etats américain, français, britannique et japonais ont fait part de leur vive inquiétude quant au sort des otages. Pour François Hollande, l'assaut "semble se dénouer dans des conditions dramatiques".  "Les autorités algériennes m'informent régulièrement de la situation, mais je ne dispose pas encore de suffisamment d'éléments pour en faire une évaluation". "Ce qui se passe en Algérie justifie encore davantage la décision que j'ai prise au nom de la France de venir en aide au Mali conformément à la Charte des Nations unies et à la demande du président de ce pays" a-t-il conclu.

Le site a fait objet d'un bombardement de la part d'un avion militaire, avant d'être pris d'assaut par l'armée algérienne. Si l'agence de presse algérienne met en avant la libération par l'armée de 600 otages, des travailleurs algériens, qui étaient présents sur le site, le reste de l'opération s'est vraissemblablement mal passé. La frappe aérienne aurait fait 40 à 50 victimes selon les sources (principalement les agences mauritaniennes Nouakchott information et Alakhbar qui ont eu des preneurs d'otages au téléphone). 25 à 35 morts parmi les otages, occidentaux comme algériens, et 15 dans le camp des assaillants. Le chef du commando, Abou Al-Baraa, aurait été abattu.
Les islamistes avaient essayé "de transporter une partie des otages vers un lieu plus sûr à bord de véhicules" quand l'armée algérienne est intervenue par voie aérienne, "tuant en même temps otages et ravisseurs", sans en préciser le nombre.
Sept otages occidentaux, "trois Belges, deux Américains, un Japonais et un Britannique ont survécu au raid des avions algériens contre leur lieu de détention" et seraient encore aux mains des ravisseurs.

En fin de matinée. Selon la chaîne de télévision algérienne Ennrhar, quinze otages étrangers, dont un couple de Français, auraient réussi à s'échapper. Ils étaient parmi les 41 personnes retenues par les combattants islamistes dans le complexe gazier dans l'est de l'Algérie. Le groupe exige toujours la libération de 100 prisonniers islamistes et l'arrêt des opérations françaises au Mali.

Ce jeudi matin, d’autres otages, un Britannique, un Irlandais et un Japonais se sont relayés sur la chaîne de télévision Al-Jazeera pour réclamer le retrait des militaires algériens qui encerclent le site gazier où ils sont détenus. Les trois hommes, qui se sont exprimés au téléphone et dont aucune image n'a été montrée, ont tour à tour insisté pour que les militaires cessent les tirs contre leur lieu de détention pour préserver leur vie et favoriser la négociation.

Revendications des islamistes

Les ravisseurs réclament la libération de 100 terroristes détenus en Algérie pour relâcher leurs otages. Les ravisseurs expliquent dans un communiqué que l'Algérie a été choisie comme cible car les jihadistes n'acceptent pas "l'humiliation de l'honneur du peuple algérien", avec la décision du président Abdelaziz Bouteflika d'autoriser les avions français en route pour le Mali à traverser l'espace aérien algérien. Les ravisseurs exigent également l’arrêt de l’agression française au Mali. "Nous rendons l'Algérie, et les pays des otages, responsables devant tout retard dans l'accomplissement de nos conditions dont la première est l'arrêt de cette agression contre les nôtres au Mali" expliquent les islamistes dans leur communiqué. Pour eux cette prise d’otage "s'inscrit aussi dans une campagne mondiale de lutte contre les juifs et les croisés."

Le gouvernement algérien de son côté se fait fort de ne jamais négocier avec les terroristes. Le ministre algérien de l'Intérieur, Dahou Ould Kablia, a à nouveau exclu toute négociation avec les ravisseurs. Les forces de l'ordre encerclent le site gazier dans le centre-est de l'Algérie, les islamistes qui se réclament d’Al-Qaïda sont enfermés avec leurs otages depuis mercredi. Les preneurs d’otages menacent de faire sauter le site en cas d’intervention de l’armée.

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