Qui s’engage dans cette spirale ne parvient plus à s’en extraire. Huit pays européens en récession en font l’irréfutable démonstration. Les prévisions de l’Office français de la conjoncture économique (OFCE) sont accablantes?: les restrictions budgétaires planifiées,?qui s’élèvent à 2,5?% du PIB, entraîneront une baisse de ce produit intérieur de 3,6?%. L’effet boule de neige… Cela n’empêche pas de rouler à tombeau ouvert vers l’abîme. N’entend-on pas de beaux esprits affirmer que «?les licenciements d’aujourd’hui seront les emplois?de demain?» et que «?la précarisation des CDI sécurisera?les emplois?»?? L’accord sur la flexibilité, historique en?ce qu’il est dicté par?le Medef qui veut imposer le silence au Parlement, constitue une nouvelle menace sur le front?de l’emploi et des droits des salariés.

Après six mois de gouvernement sous?la houlette de François Hollande, la rupture avec la politique de la droite se fait attendre. On a plutôt l’impression d’un bégaiement. Le temps perdu joue pourtant contre la justice et le progrès social qui restent les valeurs cardinales de la gauche. Les électeurs qui?ont choisi de battre Nicolas Sarkozy et qui ont élu des députés de gauche passent de l’expectative au doute?et parfois au désarroi. L’austérité infligée au pays ferait à nouveau le lit de l’UMP et des ultralibéraux qui piaffent dans l’opposition. C’est dire combien il faut prendre le contre-pied des marchés financiers, choisir l’investissement dans les ressources humaines, dans un nouvel essor industriel appuyé sur une transition écologique, dans des services publics puissants assurant?le primat de l’intérêt général dans les secteurs stratégiques de la vie en société. Il n’y a pas d’austérité sociale, d’austérité rose ou verte. L’austérité est un garrot étouffant les capacités d’initiatives et d’innovation, une régression qui contredit les avancées de civilisation. Les Français le ressentent plus ou moins confusément, des peuples d’Europe le clament?; des résistances populaires émergent… elles sont la chance de la gauche?à l’échelle du continent.

De Florange à Virgin, des cheminots aux enseignants, des idées se font jour, des propositions s’élaborent. Leur convergence fera leur force, susceptible de lever les «?nein?» de ceux qui rêvent de salariés à genoux, et les «?non?» de ceux qui veulent verser?des dîmes toujours plus lourdes aux actionnaires?des grandes entreprises. Le Front de gauche?va y consacrer ses efforts. Ils doivent rencontrer?les préoccupations de tous ceux – syndicalistes, militants associatifs, socialistes, indignés de toutes sortes – qui rêvent d’une alternative à la loi de l’argent.