Enfin, les lamentations, style valise de plomb, semblent terminées !

Bien sûr, sans ignorer le mal fait par le stalinisme, qui a courcircuité les idées communistes exprimées par Karl Marx dans le manifeste. "Un parti résolument tourné vers le 21éme siècle", nous dit Pierre Laurent; c'est vers ce but, en effet, qu'il faut tendre. Les lieux du travail doivent être alors réinvestis comme jamais ils ne l'ont été et tout le potentiel communiste devrait se porter prioritairement vers cette tâche, là où la bataille des idées fait rage et là où nous avons perdu pied dans les leurres sociaux-démocrates de l'après Georges Marchais.

Les travailleurs souffrent terriblement de la crise dans les entreprises où ils sont surexploités, d'autres sont rejetés et souffrent de la misère et d'un chômage conçu comme une arme de mise en concurrence des salariés pour atteindre des profits mirifiques.

Jamais le communisme n'a été aussi proche de sa vérité, détruire ce monde ancien qui actuellement se maintient en faisant payer durement au monde du travail ses frasques et ses outrances capitalistiques.

Cette crise durable du système capitaliste peut engourdir le sentiment de lutte si nous n'avons pas un parti communiste à la hauteur de l'enjeu de dépasser le capitalisme. Le PCF est l'outil indispensable pour mener cette bataille de fond et je regrette qu'il ne l'exprime pas avec toute la force nécessaire en ce moment où les hommes et les femmes de cette planète subissent la tornade destructrice capitaliste sur leur droit de vivre et de se partager les richesses qu'ils ont créées.

Les luttes syndicales qui sont en cours et qui ont entrainé des millions de salariés et de retraités à agir montrent le chemin -certes toujours difficiles de l'unité car celle-ci est édifiée chaque jour par l'humain- et nous invitent à trouver les ressorts nécessaires pour que ces luttes aient un débouché politique à gauche. Ce qui n'est manifestement pas le cas encore.

Pierre LAURENT indique "qu'il fait le pari que c'est à nouveau à la gauche toute entière que cette question est posée"; oui, mais cela nécessite un débat sans concession contre l'aménagement de la crise, genre FMI, et son dépassement par des propositions anticapitalistes dont nous devrions être porteurs de manière plus claire et plus offensive.

le débat de fond est là et pas ailleurs et il doit se dérouler maintenant.

Le débat doit alors s'engager avant tout avec les travailleurs plutôt que de faire en laboratoire un projet tout ficelé.

C'est la meilleure façon d'aboutir ensuite à des propositions communes qui nous mettent le pied à l'étrier sur des sujets fondamentaux comme les salaires, les conditions de travail, la protection sociale, un pôle financier regroupant toutes les banques, des transports gratuits pour le travail, l'eau nationalisée, l'énergie rendue au secteur public, l'écologie communiste etc.… 

Pour y arriver, nous dit Pierre Laurent, "ce sera , et pour longtemps, des processus de rassemblement, de coopération, de convergences,- partielles ou totales- des forces de changements dans la diversité réelle qui les anime en ce début du 21éme siècle.

OK.

Et il rajoute le PCF ne se diluera pas, pas plus qu'il n'entend être le chef et il poursuit " la recherche permanente de l'unification miracle, du "tous derrière le plus gros dénominateur commun, quand cela n'oblige pas à abandonner sa singularité, la puissance de son apport pour un ralliement formel" et il conclu ses affirmations: "peut-on désormais penser le rassemblement autrement que par un ralliement à une locomotive".

Voilà des paroles nouvelles dans la bouche d'un premier dirigeant du PCF. Cela devrait augurer d'une assemblée générale des sections communistes débouchant sur une activité communiste à la hauteur de ces enjeux et des paroles prononcées par notre premier secrétaire.

Pas d'homme miracle, pas de populisme, pas de ralliement politicien, pas de dilution: alors, être enfin nous-mêmes, des militants communistes, voilà ce qui devrait nous mobiliser dans les premiers jours de 2011 pour mener le combat de classe à la hauteur de l'enjeu et surtout de ne pas se laisser entrainer par la houle des égos présidentiels tant du PS que d'un populisme "Front de Gauche".

Bernard LAMIRAND