• Les naissances stagnent

Au sein de l'Union européenne, la France conserve la deuxième place de la fécondité, avec 2,01 enfants par femme, derrière l'Irlande, championne avec 2,05 enfants par femme en 2011. Passé ce cocorico souvent ressassé, on s'aperçoit que les naissances ont un peu diminué l'an dernier, un léger recul qui s'explique par la baisse du nombre de femmes en âge de procréer et une stabilité de la fécondité. Par ailleurs, la France n'atteint toutefois pas le seuil de renouvellement des générations, qui est de 2,1, et sa croissance démographique s'explique surtout par son histoire.

Aujourd'hui, "les générations en âge d'avoir des enfants sont relativement nombreuses car leurs parents appartenaient aux classes nombreuses du baby-boom", nées après la guerre, souligne Pascale Breuil, chef de l'unité des études démographiques et sociales de l'Insee. En conséquence, l'âge moyen à l'accouchement a continué d'augmenter pour atteindre 30,1 ans.

  • Les décès en hausse

Mais "le fait majeur de 2012, c'est le nombre de décès important", relève Pascale Breuil. Ils ont même atteint leur niveau le plus élevé depuis 2000, en raison d'une vague de froid exceptionnelle et de plusieurs épidémies (grippe, gastro-entérites...) qui ont frappé la France au cours de l'hiver, explique l'Insee. En plus de leur effet direct sur la mortalité, ces épidémies ont pu entraîner une vulnérabilité des personnes déjà fragiles, souligne l'Institut. Ce haut niveau de décès explique que le "solde naturel", soit la différence entre le nombre de naissances (822.000 en 2012) et le nombre de décès (571.000), soit "parmi les plus bas de la décennie".

  • L'espérance de vie stagne

Ce grand nombre de décès explique qu'en 2012, l'espérance de vie a stagné pour les hommes (78,4 ans) et même diminué de deux mois pour les femmes (84,8 ans). "Comme avec la canicule en 2003, c'est un accident, pas une rupture de tendance", assure toutefois Pascale Breuil. En revanche, le vieillissement des classes nombreuses du baby-boom devrait mécaniquement augmenter le nombre de décès et ralentir la croissance démographique à l'avenir.

Au 1er janvier 2013, la France comptait 17,5% d'habitants âgés d'au moins 65 ans et près d'un habitant sur dix avait au moins 75 ans.

  • Le mariage a le vent en poupe

2012 a aussi marqué le retour en force des mariages, qui après une baisse quasi continue depuis 2000, ont vu leur nombre augmenter l'an dernier. Quelque 241.000 mariages ont été célébrés, soit environ 4.000 de plus qu'en 2011, une hausse "significative" pour cette institution bientôt ouverte aux couples homosexuels.

 

  • Tout petit solde migratoire

Voilà qui contrarie les thèses du Front national. En 2012, le "solde migratoire", c'est-à-dire la différence entre le nombre des personnes entrées et sorties du territoire, est resté relativement faible: +54.000, soit 0,08% de la population française.

  • A consulter:

l'étude de l'Insee

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S.G.