RENCONTRE AVEC LES SALARIES RESISTANTS D'INVIVO

Après des mois de résistance et de lutte, dix-septième jour de grève, ce 11 juin 2010, pour les 42 salariés de InVivo NSA à Pommevic.

Voilà deux ans, ils étaient encore salariés d'Evialis, absorbée par InVivo pour constituer InVivo NSA (nutrition et santé animale) opérationnelle le 1er janvier 2010. Les salariés sont informés fin janvier 2010 de l'arrêt programmé de la production sur leur site ! Pas assez rentable leur dit-on.

Dans cette multinationale InVivo (plus de 6000 salariés dans 60 pays, elle regroupe 280 coopératives actionnaires du groupe) comme dans toutes les autres, c'est à peu près mission impossible pour les personnels et leurs représentants de peser sur la stratégie du groupe ou de ses composantes: investissements en particulier dans les pays à bas coût, restructurations incessantes...

Pour InVivo comme pour les autres entreprises de cette dimension – et quoiqu'en dise la communication du groupe – la priorité c'est le profit. Et les salarié-e-s? Ils ont un salaire quand ils travaillent et ensuite le PSE y pourvoit!

Légitimement, les salariés du site de Pommevic ne l'entendent pas de cette oreille: 29 salariés vont perdre leur emploi sur les 42 du site, les autres devront s'adapter à une nouvelle organisation du travail administratif. Onze des licenciés ont plus de 50ans...le parcours du combattant maintenant pour retrouver du travail ! En moyenne ces 29 là, ils ont 23 ans de maison, et 7 d'entre eux y ont travaillé plus de 30 ans. Tous ensemble refusent que leur vie soit ainsi violentée: ils ne sont pas responsables du préjudice qui leur est infligé, ils exigent donc d'en être indemnisés sur la base d'un mois de salaire par année d'ancienneté au titre de la prime supra légale.

Dans un premier temps, l'entreprise répond 0,2 mois par année d'ancienneté! On ne saurait mieux exprimer le mépris pour ces femmes et ces hommes qui demandent une juste reconnaissance de ce qu'ils ont apporté à l'entreprise pendant toutes ces années.

Face à leur courage et leur détermination, l'entreprise propose 0,35 mois par année d'ancienneté...le compte n'y est pas encore!

Une nouvelle rencontre se tiendra le lundi 14/06 à Bordeaux..... Le Parti de Gauche comme toutes les organisations qui les soutiennent sans doute,
souhaitent qu'ils obtiennent satisfaction.

Mais quoi qu'il en soit, leur résistance rappelle que les salarié-e-s ne sont pas des kleenex jetables, pas non plus des variables d'ajustement mais des êtres humains. Qu'ils en soient remerciés.