C’est-à-dire une concurrence acharnée entre les salariés et la mise en route d’un bulldozer écrasant, sur ordre de l’oligarchie industrielle et financière, les salaires, l’emploi, les protections sociales, les systèmes de retraite, les services publics?; augmentant les impôts indirects liés à la consommation, tout en diminuant les impôts sur les sociétés?; détruisant les cadres du débat social. C’est écrit noir sur blanc dans un texte qui circule depuis quelques jours dans les bureaux ministériels.

L’Humanité le met aujourd’hui à votre disposition pour vous en faire juge.

Face à la gravité des projets envisagés, il est urgent et impérieux de créer un large front de la gauche sociale, associative, politique, écologique contre le massacre qui se prépare. Cette unité à laquelle nous appelons peut être encore plus large, puissante, déterminée que celle que nous avions créée à l’occasion ?du débat sur le projet de constitution européenne.

Il se prépare une régression démocratique sans nom, au seul service de la dictature de l’argent, avec le contrôle, a priori, par la Commission européenne, des budgets nationaux et par voie de conséquence la réduction des dépenses sociales et celles des collectivités territoriales. L’ordre est donné à chaque pays de modifier sa Constitution pour y inscrire le refus de faire des déficits.

Construire l’Europe sur cette base, au seul service des oligarchies qui se livrent entre elles une violente guerre économique, revient à détruire l’idée européenne elle-même.

L’Europe sera celle des travailleurs et des peuples ou ne sera pas. L’orthodoxie capitaliste met en danger le peu de cohésion sociale qui existe, prépare des déchirures, des déflagrations sur lesquelles surfent partout les extrémismes de droite, la xénophobie, les nationalismes. Loin d’être l’Europe qui protège, elle livre pieds et poings liés les travailleurs de toute catégorie, les retraités, aux appétits des grandes multinationales et renforce la domination nord-américaine.

Il y a urgence?! Du refus d’écouter les peuples qui se sont prononcés contre les traités européens jusqu’à la mise en place de plans dits «?d’aide aux pays en difficulté?», qui servent surtout aux banques à se gaver pendant que les peuples grec, irlandais, espagnol, portugais sont étranglés et que les autres souffrent de l’hyperaustérité, la crise ne recule pas.
Elle s’aggrave. Une voie nouvelle existe?: celle d’un pacte de progrès social, humain et écologique basé sur la valorisation et la sécurisation d’un travail pour toutes et tous, correctement rémunéré, la lutte contre la pauvreté, le développement des services publics et de la protection sociale, des moyens nouveaux pour l’éducation, la recherche, la culture, le développement d’infrastructures publiques communes, la relance d’une nouvelle politique industrielle et agricole. Autant de projets possibles en créant un fonds de développement social et humain alimenté par une taxation des mouvements de capitaux, le retour des recettes de TVA aujourd’hui détournées, une nouvelle fiscalité commune sur le capital et une initiative de création monétaire de la Banque centrale européenne.

Ensemble, mettons en échec le pacte ?franco-germanique pour l’oligarchie. Le pacte de compétitivité c’est le pacte de l’argent. Un pacte social servirait au développement humain.

Patrick Le Hyaric