samedi 9 janvier 2010, 18:36
Un lycéen décède au Kremlin Bicètre...
Hakim, le lycéen victime d'une agression au couteau, vendredi 8 janvier, au lycée Darius-Milhaud du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) est décédé. Hospitalisé dans un état grave à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil, le jeune homme de 18 ans est mort dans la soirée après une intervention chirurgicale de six heures.
N.D.L.R.:
Au lieu de vouloir mettre des portiques de sécurité, il est indispensable de retisser du lien au sein des établissements et pour cela une seule solution, des moyens humains en quantité suffisante, des gens formés, reconnus, revalorisés.... Il faut faire cesser les classes à 35, les emplois du temps optimisés avec des journées de 8h, 9h ou 10h de cours... Il faut réinvestir le champ des relations humaines au sein des établissements avec des personnels de santé, d'orientation, d'accompagnement à temps complets et non pas à cheval sur plusieurs structures...
Merci Philippe pour ton trait d'humour explicite (cliquez pour agrandir)
Voici les extraits de témoignages parus en mai 2009 dans le Monde: "L'Etat ne s'attaque pas aux causes de la violence scolaire"
* Des violences sans armes, par Jeune Prof
J'enseigne dans un établissement où de nombreuses violences sont commises au quotidien. Mais ces violences se produisent sans arme : cris, mépris, insolences, insultes, coups, le tout envers les professeurs, les personnels d'entretien et les camarades. Il ne s'agit pas d'une ZEP et l'établissement n'est pas en région parisienne, pas de banlieue stigmatisée autour, mais les élèves sont 30 par classe, les surveillants changent plusieurs fois dans l'année, les professeurs baissent les bras devant une telle hostilité, et je ne crois pas qu'un détecteur de métaux puisse changer la donne ! Des équipes fixes, avec du temps pour chacun, c'est la solution. Les propositions actuelles ne peuvent qu'augmenter les tensions.
L'ÉCOLE REFLÈTE LA SOCIÉTÉ... ET LA FAMILLE
* Nous recevons de plein fouet la dégradation sociale, par Robert S.
Il y a de temps à autre quelques disputes entre élèves, souvent pour des motifs futiles. Mais il y a surtout les incivilités envers les adultes de la communauté éducative. Mon collège est en zone urbaine sensible. Nous recevons de plein fouet la dégradation sociale dans les quartiers. Cela se traduit par un rejet de l'institution, une démotivation à l'égard du travail. Les élèves n'ont plus la sensation que l'école peut les aider à sortir d'une condition précaire. Pourtant, un travail sur projet peut porter ses fruits. L'investissement des enseignants, leur envie de communiquer, l'empathie avec les élèves peuvent encore obtenir des résultats. Néanmoins, sans amélioration sociale, l'avenir s'annonce difficile. Les portiques, fouilles... risquent d'aggraver le sentiment de rejet que ressentent les élèves.
* L'école est le miroir d'une société qui banalise la violence, par Marie E.
Il y a des violences dans l'établissement où je travaille. Violence verbale des élèves, entre eux et à l'égard des enseignants ; violence physique des élèves et des parents venus régler leurs comptes eux-mêmes. Dans ce contexte, l'éducation ne peut se faire qu'après avoir rétabli une autorité et rappelé les codes sociaux élémentaires : l'école est le miroir d'une société qui banalise la violence. Elle n'est pas toujours liée à des situations familiales ou sociales défavorisées. Une discussion menée avec les élèves, tant bien que mal sur ce problème, fait apparaître que, pour eux, la violence est "attractive", distrayante", un" défoulement". Leurs films préférés sont les films d'horreur, et certains jouent aux jeux "où on tue des gens". Rien de plus facile, selon eux, que de contourner les portiques ou autres. Quant aux parents qui viennent insulter ou agresser, enseignants, administration, comment ne pas constater qu'ils ne font plus confiance à l'autorité compétente ?
TROP D'ÉLÈVES, PAS ASSEZ DE SURVEILLANTS
* Ils s'attaquent aux faits, non pas aux causes, par Jean-Baptiste P.
Je suis enseignant dans un collège à Grenoble. Nous sommes confrontés à des violences verbales et physiques, à l'irrespect de l'institution avec un durcissement significatif ces derniers mois. Les problèmes sont provoqués par quelques élèves, qui avant étaient accueillis dans des structures adaptées. Aujourd'hui on accueille toute la classe d'âge, sans moyen supplémentaire au sein de l'établissement. L'augmentation des effectifs par classe est un véritable problème ; l'arrivée de jeunes adultes encadrants souvent non formés au milieu scolaire n'apaise pas le climat général (tendance au copinage). La solution serait de développer une nouvelle approche pédagogique, une véritable recherche que seuls les enseignants pourront expérimenter et valider avec les élèves, avec le soutien du ministère. Il est urgent de restaurer une confiance à l'égard des enseignants, qui sont un maillon important dans la sociabilisation des générations futures.
* Trop peu de surveillants, par Thiercelin G.
Enseignante en lycée professionnel, j'ai été mutée, il y a six ans, à Paris après un "purgatoire" obligé en ZEP (cinq ans) et j'ai été étonnée du nombre très faible de surveillants et de leur statut ! D'année en année leur nombre s'est restreint et aujourd'hui, dans mon établissement, en plein cœur de Paris, il y a des étages entiers sans aucune présence adulte hormis celle des professeurs. Le nombre des agents d'entretien ayant également fondu, on se trouve dans des espaces non sécurisés. Nous avons un besoin urgent de personnel capable de désamorcer les tensions et non d'"appareillage" grégaire favorisant des sentiments d'humiliation et de rejet chez des élèves déjà très remontés contre l'institution. Nous adorons notre métier mais accordez-nous un ministre au fait des violences que nous subissons aujourd'hui dans les établissements sensibles et d'une hiérarchie courageuse et non obnubilée par leur promotion. Rétablissons le nombre de personnel encadrant formé et ayant un statut digne, le droit d'envoyer des élèves en conseil de discipline sans passer par une procédure qui dure une année entière, ce qui discrédite toute l'équipe par le harcèlement quotidien de ces élèves devant la classe entière.




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