Au point de voir les gendarmes golféchois du PSPG organiser un barrage afin de ne pas perturber la circulation sur la RD813. « Cela s'explique par les attaques récentes des employeurs des industries électriques et gazières et du gouvernement à l'encontre de nos acquis sociaux », dénonce Jean-Pierre Miro, un représentant de la CGT entouré par ses collègues de la CFE-CGC, de la CFDT et de la CFTC ; l'action d'hier, un débrayage matinal, ayant été décidée de façon unitaire par l'intersyndicale du site lors d'une assemblée générale, mardi après-midi. Les agents EDF souhaitaient notamment défendre le tarif d'électricité à bas coût dont ils bénéficient et qui pourrait faire à l'avenir l'objet des mêmes évolutions et des mêmes taxes que le tarif normal. N'ont-ils pas peur que la population comprenne mal leur revendication, jugée comme un réflexe corporatiste ?

Un réflexe corporatiste ?

« Il ne faut pas tomber dans le panneau actuel d'une communication politique où le diviser pour mieux régner l'emporte. Monter les gens les uns contre les autres, attiser les jalousies, c'est facile. Sauf que, dans notre cas, ce tarif d'électricité est un acquis social de longue date. Qui est prêt à remettre en cause les quatorzième voire quinzième mois de salaires de certains banquiers ? Un agent EDF, simple technicien, la première année d'embauche, ne touche pas plus que le SMIC. Et que les gens se rassurent, ce n'est pas parce que notre tarif va augmenter que le leur va baisser, bien au contraire », expliquent en chœur les délégués du personnel, très satisfaits de l'importante participation à cette grève, alors qu'il n'y avait pas de mot d'ordre national ; chaque site ayant choisi sa forme de mobilisation.

« Les agents ont été très nombreux à comprendre qu'on s'attaquait au cœur de leurs acquis. Cette première action est un avertissement éloquent. » Et les syndicalistes de souligner que « le groupe EDF a réalisé 4 milliards de bénéfices en 2009 et 2 milliards en 2010. De qui se moque-t-on avec les faibles retombées qui seraient réalisées avec l'augmentation du tarif agent ? à un moment où la défense du pouvoir d'achat est essentielle, on perçoit cette idée comme une forme de stigmatisation déplacée. »

Quant à l'inquiétude que pourrait engendrer ce mouvement, en terme de sûreté des installations, auprès des habitants du secteur, d'autres grévistes interrogés se voulaient rassurant. « Notre action n'est pas de nature à gêner le fonctionnement de la centrale… Nous agissons toujours avec beaucoup de conscience et certains de nos collègues sont même allés travailler tout en se déclarant grévistes. » C'est dire s'il n'y avait aucune volonté de nuire à autrui de la part de ce mouvement.

Contactée hier matin, la direction du site n'a pas souhaité commenter ce mouvement social.