Les islamistes peuvent-ils être associés aux révolutionnaires dans un même front anti-impérialiste ? Cette thèse portée par un parti trotskyste britannique, le Socialist Workers Party (SWP ) semble défendue par le groupe « Socialisme par en bas », devenu en janvier dernier une tendance de l' ex-LCR.

A ce qu’il paraît, le SWP considère que la gauche et l'extrême gauche laïques ont été battues dans les pays « arabes »(sic), et que désormais la contestation sociale y est véhiculée par les " partis islamistes de masse " que sont par exemple le FIS (Front islamique du salut en Algérie) et les Frères musulmans en Egypte.

Nos camarades algériens et égyptiens apprécieront.

« L'idée que le mouvement ouvrier puisse rééditer à son avantage aujourd'hui, avec certains islamistes, les axes d'alliance des années 50-60 avec les cathos de gauche, est une aberration car on suppose une union avec des islamistes qui présenteraient un caractère anti-impérialiste radical, alors qu’ils sont réactionnaires, sexistes et anti-ouvriers (" la lutte des classes n'existe pas en islam " déclarait en 1990 le Syndicat islamique du travail, un "syndicat" créé par le FIS algérien et aujourd'hui dissous).

Cette théorie est lourde de menaces contre le caractère laïc du mouvement social.

Naturellement, il est positif que des croyants participent à des luttes sociales, que des femmes voilées se syndiquent. Mais ils et elles agissent alors non pas en tant que croyant(e)s, mais en tant qu'exploité(e)s amené(e)s à en prendre conscience.

C'est par ce biais que le mouvement ouvrier a toujours fait reculer l'influence des religions. Mais associer aux luttes sociales des organisations religieuses en tant que telles, c'est une grave dérive .

Le NPA fait le choix d’aviver la diversion malsaine lancée par le gouvernement sur les questions d’identité nationale et de Burqa.

Il apparaît à nouveau que cette formation politique fonde son existence, son lancement sur la complaisance des médias bourgeois. Pour faire (se faire) un coup de pub, un « buzz », comme on dit maintenant sur internet, il faut donner des gages à ce qui les sert.



Il est bien évident pour nous, communistes, que ceux qui croient dans une religion et ceux qui ne croient pas sont tout autant citoyens et que le voile islamique ne saurait faire perdre ses droits à celle qui la porte ou est contrainte à le porter.

Mais là encore le NPA, parti qui se présente comme progressiste, féministe et défenseur de la laïcité, fait un choix, celui d’apporter sa caution à un acte militant ostentatoire, prosélyte qui a une signification et des objectifs politiques absolument rétrogrades.

Les milieux islamistes, qui font de la politique et pas de la religion, portent une conception ultra-réactionnaire, communautariste, antiféministe de la société (et en rien anticapitaliste !). Nos camarades algériens ont pu la dire fascisante.

Ils déploient en France comme ailleurs, en ciblant les jeunes originaires de pays où la religion musulmane est dominante, un militantisme bien rodé. Ils essayent d’instrumentaliser et de détourner pour leur cause la colère sociale, les discriminations subies ou encore la solidarité avec le peuple palestinien. Le choix de mettre en avant des femmes fait partie du projet de propagande.

Mme Ilham Moussaïd est bien sur les rails de cet activisme politique islamiste.

Elle se présente précisément comme une militante contre « le racisme dans les quartiers » qu’elle confond délibérément avec « l’islamophobie » comme elle a, dans une interview, assimilé la couleur de la peau au voile islamique.

NON ! Nous combattons résolument le racisme et la xénophobie d’où qu’ils viennent mais l’adhésion ou le rejet d’une religion n’est pas une affaire publique, encore moins un délit : c’est une liberté.

Mme Moussaïd se présente aussi comme une militante « contre l’apartheid et l’injustice en Palestine ». Pour nous, la solidarité avec le peuple palestinien est l’affaire de tous.

Les dirigeants du NPA ne peuvent ignorer cette réalité.

Rien ne saurait justifier qu’ils couvrent l’action politique des islamistes d’une parure d’anticapitalisme : ni l’opportunisme électoraliste, ni une conception totalement erronée, infantile, gauchiste de la classe ouvrière qui la réduirait aux travailleurs issus de l’immigration et ferait des islamistes ses porte-parole.

En tout cas ce choix du NPA va dans le sens de tout ce que, communistes français, nous combattons !


Tiré du Blog: http://pcfcapcorse.over-blog.com/