Ainsi, attentif au confort de pouvoir me rendre d’un lieu à un autre dans les meilleures conditions possibles, j’ai du mal à accepter que notre région (comme n’importe quelle autre !) soit laissée à l’abandon des technologies actuelles pour voyager.
Faisant fi des autoroutes que nous empruntons par absence d’alternative actuelle crédible, je gageais qu’à terme des voies ferrées permettant de se déplacer plus rapidement offriraient une solution plus évidente.

Je le pense toujours !

Aller à Paris, mais aussi à Marseille, Lyon, Madrid autrement que par la voie des airs (avec son cortège de coût financier et écologique) dans de bonnes conditions et en un temps raisonnable pour ne pas entraver d’autres temps parfois plus utiles, me parait être un progrès dont l’accessibilité doit être garanti pour tout un chacun.

Aller à la préfecture voisine me parait être d’aussi grande importance !

De ce fait et parce que j’ose encore définir le progrès comme un vecteur de l’amélioration de la condition humaine, je veux croire à l’utilité de transports rapides en site propre. A ce stade, certain, et parfois avec raison, viendront me porter la contradiction arguant de l’incongruité et de la vanité humaine à vouloir aller sans cesse plus vite ou de la fatuité à poursuivre des techno-rêves.(2)|fr] Ils ont raison, comme ils ont raison quand ils s’offusquent de tracés, véritables balafres dans le paysage. Ils ont raison quand ils soulignent l’empreinte destructrice de l’homme sur l’avenir de notre monde. Pourtant je ne vais pas plus adhérer à leurs thèses car au-delà de ces oppositions, ce n’est pas de progrès dont il est ici question mais bien des choix qui doivent être fait pour permettre au plus grand nombre d’y accéder sans porter atteinte à ce monde qui nous entoure.

Il y a bien un enjeu au demeurant et il convient d’en mesurer l’importance.

Il me semble que c’est de démocratie et de finances qu’il conviendrait de parler en ouvrant ce dossier. Démocratie, car depuis le lancement de l’enquête publique les dés sont pipés et seuls les notables, élus et bourgeois avertis ou bobos ont pu prendre la mesure de l’évènement et s’en convaincre du bien fondé ou non. Le peuple, dans son immense majorité n’a découvert la chose que lorsque nous en sommes venus à discuter du nombre de propriétés traversées par les trains. Ainsi, il y a 5 ans, 4 ans, 3 ans en arrière, les décisions prises, financières, techniques ou autres sont devenues la bible d’aujourd’hui. Devrions-nous en être satisfaits ? Je ne le crois pas… Pas plus que je ne crois qu’il faille les rejeter en bloc aujourd’hui.

Alors que faire ? Que penser ?

Revenir aux fondamentaux, me paraît être de bon sens !

Remettre à plat la question du financement et des objectifs des moyens financiers mis en œuvre est du meilleur acabit si l’on veut dépasser la simple logique du Pour et du Contre, car il y a là matière à poser les questions de fond, celles qui restent cachées derrière le paravent des certitudes.

Le schéma directeur des transports ferroviaires répond à un cahier des charges dicté par une Europe libérale qui fait de la libre concurrence un axe incontournable de toutes ses décisions. A ce titre, le fret et le transport des voyageurs doivent répondre à des impératifs capitalistiques et donc être livrés à des Veolia, des Suez et consorts.
Que nos institutions territoriales entrent dans un tel processus n’est pas nouveau mais ici il en devient choquant même si l’on peut aussi entendre le volontarisme régional qui accompagne les démarches pour sauver le transport de proximité plus que jamais nécessaire pour relier les hommes entre eux.(3)]|fr]
N’y a-t-il pas là, matière à construire un mouvement d’exigence citoyenne pour obtenir l’engagement de l’état, première force publique, dans l’aménagement de nos territoires ? N’y a-t-il pas là, matière à exiger le retour dans le giron du service public, de cette société ferroviaire qui aujourd’hui et dans le cadre de la concurrence « libre et non faussée » marchande déjà son savoir-faire pour être plus rentable que ses concurrents ? (réorganisation des services, non-remplacement des départs en retraite, réduction de la masse salariale…)

Je pense que c’est en cela que nous pourrions être plus efficaces, entendre les besoins des populations et des travailleurs, poser ces questions que nos décideurs et princes locaux ne veulent pas entendre pour ne pas perdre le pouvoir qu’ils pensent avoir acquis sur celles et ceux qui les ont élus. A lutter aujourd’hui, c’est sur cette exigence là que je souhaiterai intervenir, en posant le financement nécessaire et donc l’imposition de toutes ces entreprises qui brandissent déjà les contrats juteux de la construction de cette LGV.
C’est cette volonté politique que nous devons avoir pour une plus juste répartition des richesses créées. Et c’est de cette même volonté que la démocratie sortira grandie car en taxant les richesses, nous pourrions alors subvenir à l’ensemble des besoins d’intégration de cette nouvelle voie, en réduisant l’impact environnemental mais aussi en dégageant des subsides nouveaux pour améliorer l’existant, le sécuriser, en protégeant les habitats humains ou non et répondre à toutes ces luttes citoyennes qui bataillent depuis fort longtemps…

C’est un chantier qui ne peut se réduire pas à la seule expression des pelleteuses et aux passages des futurs trains privatisés appelés à l’emprunter si on laisse faire!

Je suis persuadé que la question ferroviaire va être centrale dans les années à venir, mais elle ne doit pas s’affranchir de la logique publique et donc du contrôle démocratique de son devenir. Elle ne doit pas être confisquée par les tenants de la LGV, ni par ses opposants. Nous devrions la poser à l’orée d’un choix de société comme l’ont fait en leur temps les tenants de la création de la SNCF, outil devenant alors révolutionnaire car partagé et nous devrions exiger cela en héritage pour construire les transports indispensables à notre siècle. Une évolution pour une révolution des transports avec en prime la gratuité pour les usagers locaux sur le compte des bénéfices des grandes entreprises titulaires du chantier.

Ma conviction est de cet ordre là et je m’apprête à entendre vos critiques dés l’instant où je la publierai.

C’est ma première contribution à l’utile débat !

Maximilien Reynès-Dupleix

Quelques sites, documents et déclarations Pro et Anti sans ordre précis pour poursuivre le débat

(1) http://www.lepost.fr/article/2010/0... (2) http://la-brochure.over-blog.com/ca... (3) http://www.midipyrenees.fr/Transpor...] http://www.reporterre.net/ecologie/... http://asso-vivre-ensemble.blogspot... http://www.lexpress.fr/region/aquit... http://www.lgvsudeuropeatlantique.o... http://www.voiesnouvellestgv.webou.... http://u(nregard64.canalblog.com/ar... http://www.nonalaeroport.org/wikiae... http://www.humanite.fr/2006-02-11_S... http://www.eurosud-transport.asso.f... http://admin.net6.fr/datas/cerchemi...