"Je vous appelle à la plus grande vigilance à l'égard des conditions du débat légitime qui entoure le mariage pour tous (...) notamment dans les établissements privés sous contrat", ajoute-t-il.

Il convient donc d'appeler à la retenue et à la neutralité au sein de tous les établissements afin que l'école ne fasse l'objet d'aucune instrumentalisation", indique enfin le ministre, demandant aux recteurs de l'informer "au plus vite des incidents éventuels et de toute initiative contraire à ces principes, dans les établissements publics comme dans les établissements privés sous contrat".

Cet appel à la vigilance intervient avant la manifestation du 13 janvier contre le projet de loi sur le mariage homosexuel et un peu moins d'un mois après une lettre du secrétaire de l'enseignement catholique, Eric de Labarre, aux chefs d'établissement, suggérant d'y organiser des débats.

"Respecter le principe de neutralité"

"Il ne me semble pas opportun d'importer dans l'école le débat sur le mariage pour tous. Je considère même qu'en adressant une lettre aux chefs d'établissement, le secrétaire de l'enseignement catholique a commis une faute", a déclaré le ministre au "Monde".

"Je ne veux pas raviver la guerre scolaire", explique-t-il. "Et je suis très respectueux du caractère propre de l'enseignement catholique. Mais, en retour, cet enseignement, qui est sous contrat avec l'Etat, doit respecter le principe de neutralité et de liberté de conscience de chacun".

"Les tentatives de suicide sont cinq fois plus fréquentes chez les jeunes qui se découvrent homosexuels que chez les autres", fait enfin valoir Vincent Peillon, qui a confié à Michel Téchiné une mission sur la lutte contre l'homophobie.

Un peu plus de 2 millions d'élèves suivent leur scolarité dans les établissements de l'enseignement catholique.