Au contraire, après l’effacement de son médiatique porte-parole au profit de la candidature d’un historique de la LCR issu des rangs ouvriers, Philippe Poutou, les délégués qui se réunissent de vendredi à dimanche à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), pour le 2e congrès de leur formation, héritent d’un parti profondément en crise et en perte de vitesse électorale et militante.

Les effectifs ont fondu : de près de 10 000 en 2009, ce chiffre est aujourd’hui divisé par quatre, tout comme le score à la présidentielle (1,15 % en 2012). Quant à la crise, elle couve en interne depuis les débuts. Principal point d’achoppement : l’isolement du NPA, fruit de son refus d’envisager des alliances avec d’autres formations à gauche qui n’auraient pas, au préalable, rompu tout lien avec le PS. Lassée, une fraction importante de ses militants, réunis dans la Gauche anticapitaliste (GA), a depuis rejoint le Front de gauche.

Si cette crise est, pour la figure historique du parti, Alain Krivine, un « paradoxe, en pleine crise du capitalisme », la majorité du NPA (51 % dans les votes internes) réunie autour, entre autres, de Philippe Poutou, Olivier Besancenot et de la porte-parole Christine Poupin, propose de serrer les rangs : « Répondre à la crise du NPA, c’est, à cette étape, rassembler tous ceux qui n’ont pas abdiqué de construire un parti indépendant des réformistes. » Comprendre, dans le langage du NPA : indépendant du PS comme du Front de gauche, dont les élus siègent dans des majorités régionales.

La majorité du NPA n’entend cependant pas se contenter d’« une simple proclamation révolutionnaire », au moment où la crise et le mécontentement social et politique s’aggravent, ni ne veut couper les ponts avec les électeurs de gauche et ses anciens militants qui se tournent vers le Front de gauche. Elle propose ainsi de s’adresser « sans aucune exclusive, à toutes les organisations politiques qui ne participent pas au gouvernement, aux syndicats » sans « autre condition » que la « commune volonté d’agir ensemble », le NPA défendant pour sa part la « perspective d’un gouvernement anti-?austérité ».

Sébastien Crépel