Pour Alain Juppé, autre poids lourd du gouvernement Fillon, c'est non. "Je crois que M. Longuet n'engage que lui-même dans ses propos que je ne partage en aucune manière", a déclaré le ministre des Affaires étrangères sur Europe 1. "Pour moi, il n'y a pas d'accord possible avec le Front national et ses dirigeants, et je suis très heureux que le président de la République l'ait dit en ces termes là il y a quelques jours à peine". Nicolas Sarkozy avait exclu tout accord entre le FN et sa majorité, s'il est réélu, dimanche dernier sur Canal +.

Même refus de la part de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et de la porte-parole du gouvernement Valérie Pécresse. Le premier juge "la déclaration regrettable sur le fond et inopportune sur la forme". La seconde tente de s'extirper du dialogue UMP-FN instauré au soir du premier tour par Nicolas Sarkozy. "Non, je crois que Marine Le Pen n'est pas plus un interlocuteur que son père. Mais, plus fondamental, je pense qu'aujourd'hui le président de la République ne doit pas s'adresser aux chefs de partis, (...) il doit s'adresser à tous les Français", a-t-elle estimée sur France 2.

Mariani déjà dans Minute en octobre

Malgré ces tiraillements internes et de façade à l'UMP, le parti du président sortant est bien engagé dans un rapprochement avec l'extrême-droite.  Déjà en octobre dernier, Thierry Mariani, ministre des Transports et chef de file de la Droite populaire, était intervenu dans Minute pour courtiser les électeurs FN, cette fois sur le thème du droit de vote accordé aux étrangers pour les élections locales.

Ce rapprochement est d'ailleurs appelé de ses vœux par Marine Le Pen. Lors de son discours du 1er mai, la chef de file du Front national s'est de nouveau déilicté que son parti était devenu "le centre de gravité de la vie politique française".

Prédisant une défaite de Nicolas Sarkozy, la fille de Jean-Marie Le Pen pense profiter d'une probable "guerre des chefs" à l'UMP pour provoquer une recomposition à son profit, avec la création d'une "Droite moderne" permettant au FN de se fondre dans la masse tout en donnant plus de force à son idéologie dont des Gérard Longuet ou des Thierry Mariani sont très proches.

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